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Félix Tshisekedi appelé à s’ouvrir davantage à la Société civile

Saisissant l’occasion de la commémoration du 60ème anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, le 30 juin dernier, le Centre national d’appui au développement et à la participation populaire (CENADEP), Ong de la Société civile congolaise, appelle le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo à poursuivre sans relâche ses efforts pour la matérialisation de sa vision d’une société congolaise de justice, de droit et de progrès social.

Mais aussi à s’ouvrir davantage à la Société civile, dans sa diversité, « pour une reconstruction inclusive du pays » et à garantir l’indépendance de la justice et la lutte contre la corruption sous toutes ses forces « tout en s’assurant que les poursuites contre les détourneurs des deniers publics s’étendent à toute personne dénoncée par la Société civile ou soupçonnée par l’appareil judiciaire ».

Cet appel du CENADEP au Chef de l’Etat découle de ses inquiétudes face à des faits « non exhaustifs qui risquent de faire reculer le pays ». D’abord, il se félicite des grands acquis de l’alternance politique de janvier 2019, qui sont entre autres la reconquête de la liberté d’expression, l’humanisation des services des renseignements, le retour progressif à l’indépendance de la justice et la gratuité de l’enseignement de base.

Cependant, le CENADEP s’inquiète de la dégradation continue des conditions sociales et économiques de la population congolaise. Celle-ci, à en croire cette grande organisation de la Société civile, n’a pas amélioré l’accès à l’eau, à l’électricité, au logement, aux soins de santé, à l’emploi, au transport en commun, à une alimentation de qualité, à un revenu suffisant, etc.

 Le CENADEP s’inquiète aussi de la « confiscation du pays par une classe politicienne à la poursuite de son propre intérêt au détriment d’une population paupérisée à outrance ». Il s’inquiète aussi du fait que le train de vie des institutions publiques « dont les dépenses fantaisistes », n’épargnent pas à l’Etat des pertes inutiles. Et la non-prise en compte de la part essentielle qu’apportent l’économie solidaire dite informelle, L’artisanat minier, l’agriculture paysanne et la culture populaire à la stabilité sociale, économique et politique du pays.

 Le CENADEP dénonce aussi l’instrumentalisation de la jeunesse aux fins politiciennes, « au lieu de leur profiler des programmes conséquents qui leur permettent d’être plus productives et de jouer un rôle consciencieux dans le développement du pays »; et l’insécurité généralisée et les troubles récurrents à l’Est de la RDC « où des groupes armés réapparaissent, s’organisent et martyrisent la population, créant ainsi des déplacements massifs et continus des populations ».

Egalement, il dit constater la volonté de désigner les dirigeants de la CENI dans la précipitation et sans évaluation ni réforme de la centrale électorale et de son arsenal juridique ; ainsi que l’action quasi-inaudible des institutions d’appui à la démocratie telles que le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), le Conseil économique et social (CES) et la Commission nationale des Droits de l’Homme (CNDH).

D’autres faits qui inquiètent le CENADEP ce sont les faiblesses de la riposte contre la COVID-19, « notamment en ce qui concerne le dépistage, la prise en charge des malades ainsi que la surveillance et la prévention de la pandémie » ; et des violences continues contre les femmes et les jeunes filles « contraintes parfois à vivre leurs traumatismes faute d’une bonne protection contre leurs bourreaux ou à cause de la stigmatisation par la société qui transforment les victimes en coupables ».

« Le CENADEP constate, avec amertume que le pays risque de se diriger vers un gouffre si le peuple congolais ne réalise pas un sursaut national pour sauvegarder l’alternance politique, obtenue au prix des plus grands sacrifices du peuple congolais en général, et des acteurs de la société dont plusieurs ont versé même de leur sang », indique le communiqué rendu public à cet effet par le CENADEP le 29 juin dernier et signé par son directeur général, M. Danny Singoma.

Le Gouvernement appelé à impliquer la Société civile dans des projets Au regard de ces faits qui l’inquiètent, le CENADEP, en plus de l’appel lancé au Président de la République, recommande au

Gouvernement de la République de réduire sensiblement le train de vie des institutions de l’Etat et réaffecter les moyens à l’amélioration des conditions sociales de la population.

 Aussi, d’impliquer, sans parti pris, les organisations de la Société civile dans la planification, la mise en œuvre et l’évaluation des projets et actions de lutte contre la pauvreté, la consolidation de la paix et la justice, la sauvegarde des acquis de la démocratie et de l’alternance politique. Le Gouvernement est aussi appelé à doter les institutions d’appui à la démocratie et principalement le CSAC, le CES et le CNDH, de moyens suffisants pour leur fonctionnement et leurs activités aussi bien à Kinshasa qu’à l’intérieur du pays ; et à renforcer l’action contre la COVID- 19, notamment en impliquant la société civile et en déployant des moyens suffisants pour la prévention, la décentralisation du laboratoire de l’INRB et l’amélioration du système sanitaire congolais.

Au Parlement de la République, le CENADEP appelle à privilégier l’intérêt supérieur de la Nation, « en lieu et place des familles et tendances politiques » ; et à être à l’écoute de la population dans ses craintes, revendications et propositions « que de la défier à outrance ». Et aux organisations de la Société civile de se mobiliser davantage contre tout acte, mouvement ou individu qui veut remettre en question les acquis de la lutte pacifique de la population congolaise pour l’avènement d’un état de droit, d’équité et de justice sociale ; et de privilégier la convergence plutôt que la dispersion des forces et des moyens pour le même combat contre l’arbitraire, la misère et la médiocrité.

Lepetit Baende

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